Étape 9 : Smara – Essaouira

Dans cette salle, les objets exposés dans les vitrines d’exposition sur le côté long concernent l’étape 9.

 

Les Tekna

Dans la vitrine-fenêtre, sont exposés des éléments de la parure utilisés pendant la danse du Guedra. Cette danse est une particularité des Tekna. Elle est exécutée à genoux, ce qui parait indiquer qu’elle est née sous la tente et expliquerait le développement donné à l’expression de la partie supérieure du corps : les mouvements des bras, de la tête, des épaules. Une quelconque influence de danse hindoue doit être exclue.

 Les éléments essentiels de la parure des danseuses: des postiches en cuir destinés à rehausser le front de la danseuse ; ils sont garnis de coquillages finement sculptés et de perles de toutes sortes : ambre, cornaline, amazonite. Des deux côtés du visage, descendent des lanières en cuir garnies de perles en argent, en cornaline et en coquillage. La paire d’anneaux que la jeune mariée arbore sur la tête, est portée chez des femmes âgées en bas de leurs tresses.

 

Les bijoux

Dans la vitrine en face de la porte donnant sur la cour et dans celle à droite: des ensembles de parure de l’Anti-Atlas où figurent en même temps des bijoux porte-amulettes à double paroi et à surface décorée d’émail filigrané que des éléments de collier niellés. Quelques tissages à décors brodés y sont également exposés. Il y a deux types de fibules : celui de la région de Tahjistᅠ: l’image abstraite de la femme en position d’accouchement (accroupie, à genoux) selon les traditions les plus anciennes et universelles. La grande fibule de l’Anti-Atlas à décor parfois émaillé semble intermédiaire entre celle des oasis du sud et celle du Haut-Atlas Occidental qui est en forme de tête de bélier.

 

De façon générale sur le versant sud de l’Anti-Atlas, les bijoux se rattachent aux traditions sahariennes. Par contre, le Haut-Atlas a été touché très tôt par des courants civilisationnels méditerranéens, comme on peut constater le dans les gravures rupestres du Yagour. La différence peut se résumer dans le symbolisme du bélier et de la roue solaire pour le Haut-Atlas et celui de la grenouille et de la femme accroupie dans les régions sahariennes.

 

L’accueil réservé par les habitants du Souss aux apports de l’extérieur a enrichi et renforcé la culture locale au lieu d’avoir été une cause d’aliénation. Nous en avons la meilleure illustration dans les bijoux.

Les apports de la Péninsule Ibérique se sont succédés à travers les siècles :

– émail cloisonné, pierres serties : apport des juifs expulsés par les Wisigothes, 7°siècle.

– décor filigrané non émaillé, suite au rayonnement de l’orfèvrerie califale sur le Triq Lemtouni après la conquête Almoravide : 11°, 12 siècles.

– émail cloisonné filigrané: technique apportée par les Juifs expulsés de Grenade, 16° s. et par les Moriscos au début du 17°s.

 

Parmi les grands centres bijoutiers anciens, il faut citer Ifrane de l’Anti-Atlas où la présence juive remontait semble-t-il à l’époque phénicienne. L’autre grand centre de bijoutiers juifs était Tahala à proximité de Tafraoute. En ville, les artisans du sud ont suivi assez rapidement les modes apportées à Mogador par les artisans originaires des villes du nord : Meknès, Fès. Par contre, ceux installés en montagne, autour de Ait Daoud ont fait preuve de créativité en mettant leur savoir-faire au service d’une sensibilité et d’un répertoire de formes symboliques propres aux populations locales.

 Dans le Souss également les bijoutiers ont commencé à appliquer les techniques apportées d’Al Andalous par leurs ancêtres à des formes de tradition locale en abandonnant progressivement les modèles et leurs décors andalous.