Étape 7 : Djenné, Douentza, Tombouctou

Soninké, Peul, Touareg

Djenné, la ville soeur aînée de Tombouctou est représentée ici par un bel exemple de boubou tilbi qui résume bien le raffinement accumulé par une longue tradition urbaine héritée de Jenné-Jèno (l’ancien Djenné) et des villes de l’Empire du Ghana. Bien que le boubou tilbi soit surtout le vêtement d’apparat de la classe sociale d’ascendance marocaine « les Armas », ses broderies ne montrent pas d’influence marocaine mais elles dégagent néanmoins une impression d’appartenance aux traditions de l’art islamique.

 

Comme l’architecture de la mosquée de Djenné, le boubou tilbi montre ainsi l’indépendance d’esprit de la société musulmane africaine vis à vis des modèles maghrébins ou proche orientaux.

 

Dans l’arrière-pays de Djenné vit une paysannerie qui n’a pas seulement gardé une tradition de sculpture sur bois, mais qui continue à exprimer, à travers ce moyen d’expression, des scènes de la mythologie ancestrale dont ce récipient est un bel exemple.

 

Le Massina parait avoir été la première région subsaharienne où les Peuls sont arrivés (8ème siècle) après avoir quitté le Sahara Central (Tassili n’ Ajjer). Ils ont du y introduire l’élevage de moutons à laine et le métier à tisser la laine. Plus tard ils ont su adapter le même métier au tissage du coton (le métier « soudanais »).

 

La grande couverture de mariage, l’arkilla kerka, était utilisée par les Peuls comme moustiquaire autour du lit. Elle était également très recherchée par toutes les classes dirigeantes de l’Afrique de l’ouest, comme tissage de prestige. A part l’abondance, la finesse et la variété des motifs dans le décor de ces couvertures, on a toujours admiré la précision avec laquelle le tisserand professionnel tissait pour qu’au moment de l’assemblage des bandes étroites, le décor de la couverture se présente sous forme de rayures horizontales parfaitement parallèles, alors que le décor de chaque bande prise à part présente une succession de motifs dans le sens vertical.

 

L’arkilla kounta présentée ici est d’une très belle qualité. L’arkilla kounta traditionnelle est entièrement en laine (chaîne et trame) et était destinée aux Touaregs nomadisant au nord du Fleuve Niger entre Tombouctou et Gao. Ces couvertures étaient tissées encore au 19ème siècle dans la région de Tillabéri, situé au Sud de Gao. Notre visite à Goundam en 2002 nous a révélé que même dans cette ville, à 1000 Km plus en amont du Niger la fabrication de tissages en laine avait été abandonnée à cause de la disparition, dans la région, des moutons à laine. La désertification progressive risque de faire disparaître une tradition millénaire qui pour le moment survit encore dans la seule région de Niafounké.

 

Tombouctou et Oualata sont des cités caravanières où dans un cadre urbain les traditions nomades ont évolué vers un grand raffinement dans la réalisation technique et esthétique des objets sans que ceux-ci perdent pour autant leur force d’expression symbolique d’origine.

 

Vitrine-fenètre

En haut :  portes amulettes finement brodés sur cuir vert de Kano, portés par les hommes

Au milieu : sac à provisions pour hommes

En bas :  objets divers en bois pyrogravé