Étape 5 : Gao – Ayorou – Dori

Vitrine au fond, à gauche :

Couverture Tera-Tera : C’est probablement sous l’influence des tisseuses Yoruba établies en pays Dendi, dans l’extrême nord du Bénin, que les tisserands Djerma du Niger (Dosso, Niamey) ont développé ce genre de tissage en coton en ajoutant sur le métier horizontal « soudanais » traditionnel une deuxième paire de lisses ce qui leur a permit d’enrichir le répertoire des motifs. En même temps les Djerma se sont libérés de l’organisation du décor par bandes horizontales que l’on trouve sur les anciennes couvertures Kounta qui étaient tissées autrefois plus au nord, à Tillabery (cf. salle 5).

 

Parure corporelle

Les bijoux-messages : à côté des formes de bijou communes aux Touaregs dans tout le Niger (les croix), il existe dans l’aire géographique comprise entre Ansongo, Ayorou et Bankilaré, un type de bijou particulier qui, tout en présentant une structure commune, exprime, par des différentiations dans les détails, un message très « personnel » dont la lecture n’est pas évidente pour un non-initié. Sur ces bijoux en question, G. Dieterlen du Musée de l’Homme a fait une enquête dont les résultats ont été publiés dans le Journal de la Société des Etudes Africaines (1974). Pour les informateurs de Dieterlen, les bijoux en question représentent souvent les pieux sculptés posés à coté du lit par la paysannerie de cette région.

 

Au fond à gauche

Des piquets en bois posés à coté du lit par les différentes populations sahéliennes. Henri Lhote a longuement expliqué les raisons de l’utilisation d’une couche sur pied par les Touareg du Sahel et de la Savane, en contraste avec ceux du Hoggar qui n’utilisent pas de lit. L’introduction du lit n’est pas due à une recherche de confort, mais à un besoin pour l’homme de se protéger des inconvénients et des dangers venant du contact direct avec le sol de la Savane. L’utilisation du lit par les Touaregs de l ‘Air aurait été empruntée aux Haoussa, alors que plus à l’Ouest, les lits utilisés par les Touareg Ioulimmiden parait être inspiré par les lits Peul. Quand au milieu du 18ème siècle, les Touaregs Tin Guereguedesh ont occupé la région de Tera-Bankilaré, ils semblent avoir emprunté à la paysannerie Sonrhai l’utilisation

d’un pieu en bois posé à côté du lit. Les forgerons des Touaregs ont fait évoluer la forme du piquet dans un sens décoratif en mettant souvent l’accent sur la virtuosité technique du bois ajouré. L’objet a été détourné de sa fonction d’origine qui devait être d’ordre magique pour en faire un objet de prestige social.

 On retrouve le même engouement pour le travail ajouré dans les objets en cuir. Le sac en cuir dans la vitrine au milieu est un bon exemple de ce travail remarquable.

 

Au fond au milieu

Figurines en terre cuite provenant de l’important site archéologique de Boura qui se trouve à proximité de Tera. Les fouilles de cette dernière décennie ont révélé des traditions artistiques insoupçonnées pour cette région. Les objets trouvés datent de la période entre le 3° et 12° siècle et était placé sur des sépultures par les populations locales avant leur conversion à l’Islam.

 

Au fond à droite

Tenue de chasseur. Dans les sociétés africaines traditionnelles, la confrérie des chasseurs est tout autre chose qu’une simple association de chasseurs du dimanche.

Elle représente en quelque sorte la plus haute autorité morale de la communauté. Le chasseur est le gardien des traditions les plus anciennes qui visent principalement à concilier la bonne disposition des esprits qui habitent l’environnement ou l’homme a l’intention de pêcher, chasser ou labourer. Sur l’habit des chasseurs sont accrochés toute sorte d’objets qui sont censés pouvoir les protéger des esprits malveillants de la brousse.

Parmi ces objets il y a de nombreuses amulettes en cuir avec à l’intérieur des formules magiques empruntées à la science secrète des marabouts(musulmans),mais aussi beaucoup d’autres objets tels que des miroirs,des cornes.