Les Kel Dennik nomadisent au nord de Tahoua

Au 18° siècle les Kel Dennik se sont détachés de l’ensemble des Touaregs Ioulimmiden. Ceux-ci sont concentrés autour de Menaka et à proximité du fleuve vers Ansongo-Ayorou. Les Ioulimmidens sont originaires de l’Adrar de Ifoghas. Dans leur migration vers le sud au 17° ils se sont soustraits à la suzeraineté des Tademakets, considérés comme les plus nobles parmi les tribus touaregs. Les descendants directs des Tademakets, les Tenguereguifs, ont eux aussi quitté l’Adrar des Ifoghas et sont maintenant établis à proximité de Tombouctou, ville où l’influence touareg a toujours été prédominante.

La parenté entre les différentes tribus issues de l’Adrar des Ifoghas est encore assez claire dans la décoration de leurs objets en cuir. Cependant le sac de mariage des Kel Dennik, se distingue par l’image de la grenouille, symbole de l’accouchement. (cf voir le sac exposé au dessus de la fenêtre vitrine).

 

Habitat

La tente à velum en peau des Kel Dennik a un pilier central, dont la stabilité est assurée par son attachement au moyen de cordes à quatre piliers fourchus latéraux enfoncés dans le sol. Les quatre piliers délimitent un espace rectangulaire quasiment carré au centre de la tente. De chaque coté de cet espace central, il y a une deuxième paire de piliers plus courts sur lesquels s’étend également le velum, permettant de loger les lits et de déposer les provisions.

 Parmi les objets en bois, les cuillers méritent une attention spéciale. Les Touareg sont les seuls parmi les peuples du Sahel à utiliser la cuillère. L’utilisation pratique de la cuillère a été expliquée par le fait que les hommes gardent le voile sur le visage même pendant les repas, ce qui rend malaisé de manger avec les mains

 

Les métaux

Des objets plus ou moins lourds sont accrochés aux foulards de tête et sont rejetés dans le dos pour servir de contrepoids contre le vent par aussi bien les femmes Touareg que Maures. Souvent il s’agit de simples clés. Parmi les objets en cuivre présentés ici, il y a un bel exemple d’un modèle de contrepoids bien connu, porté par les femmes Touareg de l’Adrar des Ifoghas et celles du Hoggar. Dans ce cas il s’agit d’une clé purement symbolique. Tous les anthropologues s’accordent pour y voir un symbole phallique. Les autres objets en cuivre présentés ici sont beaucoup moins connus même dans la documentation ethnographique, ce qui pourrait s’expliquer par sa disparition de la parure de l’homme. Il pourrait s’agir d’un symbole féminin en forme de serrure mais est aussi interprété par certains forgerons comme l’image de la Grande Mère Taghaydet, ancêtre de tous les Touaregs.

 

Les perles

L’engouement des populations sahariennes pour les perles est bien connu et remonte sans doute à l’époque néolithique. Des perles ou rondelles taillées dans des pierres de toutes sortes et de toutes couleurs ont été transmises de génération en génération ou ont été trouvées sur des sites anciens, réutilisées par les populations actuelles.

 

Au sud de Gao une production de perles en terre cuite à grande échelle était apparemment en relation avec des rites funéraires. Ces perles, souvent d’une finesse extrême, ont été commercialisées sur le marché touristique depuis longtemps et étaient les témoins d’une ancienne tradition dans le domaine de la céramique dans cette région. Egalement dans cette vitrine quelques têtes commémoratives en terre cuite du Delta intérieur du Fleuve Niger au Mali. Sur l’étagère en dessous une figure en terre cuite appartenant au genre bien connu des figurines anthropomorphes à tête d’animal, le plus souvent en position à genoux en regardant le ciel. Les petites sculptures en pierre, retrouvées dans le sable du désert, sont dans la plus pure tradition néolithique remontant au 4em millénaire avant .

 

Étape 4 : Agadez – Tahoua – Gao

Les Touaregs Kel Dennik ou Ioulimmiden de l’Est