Étape 3B : Agadez – Tahoua

Les Haoussa

Géographie humaine

A Agadez et à Tahoua, les Touaregs rentrent en contact avec le monde Hausa qui, politiquement, se trouve partagé après la période coloniale entre le Niger et le Nigeria. Dans le dernier pays se situe la ville de Kano, capitale économique de Ksar Haoussa. Bien que les Haoussa soient restés très attachés à leur tradition d’agriculteur, ils sont surtout connus en tant que commerçants dont les activités s‘étendent du lac Tchad à l’Atlantique. Leur commerce à travers l’Afrique de l’Ouest est étroitement lié au grand développement artisanal dans les domaines du textile et du cuir surtout à Kano et à Sokoto mais aussi dans de nombreux autres centres.

 

Le tissage de coton est fait sur le métier « soudanais » que des commerçants Dyula auraient introduit en pays Haussa à l’époque de l’expansion Mandé aux temps de l’Empire du Mali (13ème au 15ème siècle). Alors que le tissage est fait par les hommes, la teinture à l’indigo est faite par les femmes. Les bandes étroites sont cousues ensemble et sont destinées en grande partie à la

fabrication des boubous. Ceux-ci sont souvent brodés avec beaucoup d’art dans des styles propres à chaque ville ou région, ou en fonction d’un marché précis.

 

Le cuir de Sokoto a atteint une grande réputation dans le monde musulman, notamment en Egypte. A travers le Maroc il était exporté vers l’Europe souvent sous forme de produits finis : la maroquinerie.

On doit faire une mention spéciale du cuir teint en couleur vert émeraude dit « de Kano ». A part l’effet décoratif de sa couleur lumineuse, la teinte se conserve et résiste au soleil. Son application fréquente dans les objets en cuir des Touareg est parfois vue comme le trait distinctif de leur art du cuir par rapport à celui des Maures.

 

Habitat

Les maisons Haoussa sont construites en banco et ont parfois des façades avec un décor en relief. En ce qui concerne le mobilier, il faut surtout relever la présence d’un lit dont la nécessité se fait sentir en Savane. Ceci explique pourquoi chez les Touareg de l’Aïr, le lit est un objet courant alors que dans le Hoggar, il est rare et représente un mobilier de luxe.

 

Objets exposes

A l’entrée, à gauche : un boubou fait en bandes étroites tissées sur le métier soudanais et teint à l’indigo. La broderie faite à la main montre la variété des sources d’inspiration des différents motifs intégrés dans une composition équilibrée et puissante.

 

En face, à côté de la porte : un boubou en tissu européen avec broderie faite à la main. C’est un bon exemple de l’évolution du décor traditionnel chargé de symboles et de signes vers une composition dominée par le souci du « design ».

 

En vitrine au fond à droite: une calebasse à décor finement gravé dans laquelle la femme haoussa garde ses bijoux notamment la «ceinture» faite de rondelles en bois de baobab que toutes les femmes du Sahel portaient traditionnellement autour des reins, directement sur la peau.