Étape 3A : Adrar – Tamanrasset

Les Touareg du Hoggar,

du Tassili n’Ajjer, de l’Air

 

Touareg et Peul Woodabe : deux peuples pasteurs

On se trouve ici sur l’axe Nord-Sud des Touaregs désignés comme ceux de l’Est et qui ont fait l’objet de recherches beaucoup plus poussées que ceux de l’Ouest. Cette distinction doit se faire cependant sur un fond d’unité remarquable dans l’expression visuelle comme dans le domaine linguistique.

 

Dans la vitrine (de gauche à droite) :

– Grand sac de la jeune mariée du Hoggar.

 Après le mariage, ces sacs sont accrochés comme décoration sous la tente

Touareg avec d’autres objets en cuir également soigneusement décorés.

 

Les bijoux Touareg sont soit en argent, soit en cuivre ; ils sont martelés et gravés, à l’exception de ceux dits « croix d’Agadez » qui sont coulés :

 

Les bijoux du Hoggar sont, par leurs formes et techniques, apparentés aux bijoux portés par les populations berbérophones plus au Nord :

– Pectoral triangulaire en argent du Hoggar avec temporaux faits de triangles superposés.

– Bijoux également en triangle portés dans le dos.

 

Les bijoux de l’Aïr :

– des croix portées en collier,

– des porte-amulettes en forme pyramidale.

– des anneaux en pointe triangulaire en cornaline

 

Le forgeron ne travaille pas seulement les métaux mais aussi le bois. D’après Lhote, le travail des métaux chez les Touaregs serait une tradition relativement récente. D’ailleurs les forgerons ne sont pas considérés comme de vrais Touareg. La plupart son des Noirs qui sont plutôt des associés que des intégrés dans la société Touareg.

Il ont du apporter à l’art touareg la tradition très ancienne du métal de la région d’Agadez. A ce propos, on peut penser aux différentes croix de cette région (d’Agadez, d’Iferouane…). Il y a aussi quelques forgerons à la peau claire qui pourraient être des descendants de bijoutiers juifs venus du Touat. Il ont du apporter les techniques d’origine méditerranéenne, inclues celles du filigrane que l’on observe dans les bijoux du Hoggar.

 

Les Peul Woodabe :

A In Gall, à l’ouest d’Agadez, les Touaregs se retrouvent chaque année avec les Peuls Woodabe à l’occasion «du cure salé » de leurs animaux Plusieurs archéologues et historiens considèrent que les Peuls sont les descendants des Bovidiens figurés dans les peintures rupestres du Tassili n’Ajjer. Pendant que leurs animaux se réapprovisionnent en sel, leurs propriétaires s’adonnent aux jouissances des fêtes organisées de part et d’autre. Pour les Peul Woodabe c’est le moment de l’année où se déroule le rite du Gerewol : sorte de concours de beauté masculine (cf. Photo + texte à côté de la vitrine).

 

Bien que les Peul Woodabe portent aussi des étuis à pochettes décorées de cuir vert Kano, fabriqués par les femmes Tamasheq, ils fabriquent eux-mêmes également des bijoux amulettes en cuir dans un style qui leur est propre. Cependant, les nombreux porte-amulettes portés par les Touareg de l’Est et les Peuls Woodabe sont souvent d’inspiration haoussa.

 

Comme les Touaregs, les Peuls achètent une partie leurs vêtements chez les commerçants haoussa.